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Hommage à Ganda Fadiga

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Le maître du Gamberé , ambassadeur de la culture soninké

Celui qui est devenu le virtuose de la musique traditionnelle, l’ambassadeur de la culture sooninke, qui éveilla et entretint la fibre du gaccinballaaxu (le refus de l’échec), est né en 1949 à Maarenna dans le Jonboxu (région de Kayes). De naissance, il est gesere (maître du ganbare et de la parole). Il est le disciple de l’éminent Jaaja Siira Banba Goori dont il fut l’étudiant le plus distingué. L’histoire retiendra que lorsque Ganda fut rompu à l’art discursif de la rhétorique avec une maîtrise sans égal du ganbare -écoutez les 12 variantes du karo, du karo muruxunte (le karo invalide) au karo selinjaaxan xanne (les pleurs de la poule nourricière) – il eut le mérite d’être raccompagné dans son Maarenna natal par son maître, Jaaja Siira en personne pour témoigner de sa confiance, de sa fierté et de sa déférence pour le jeune prodige. Rares sont de pareils recits où une telle distinction eut lieu.

De ce jour le phénomène ne cesse de rythmer et de soutenir les sooninko et d’autres dans leur pérégrination à travers le monde. Il n’y a pas de pays, de contrées où Alahajji Ganda Faadiga n’a pas été l’invité des sooninko. Les épopées idylliques et guerrières ne manquent pas dans son répertoire fleuve : de Kan ƞen Maxa à Jaabe Siise, de Madikaama à Birante Renme Karunga en passant par Bundu Kaaka Dukkure, Baaba Wage Giden Wuren Jaagabe, Baafin Danbele, Buubu Ardo Gali Kanpeeje ou à l’histoire du Dugu Tigi Sooja etc. Avec Ganda c’est un voyage, avec Ganda c’est la chevauchée de Domonne, c’est le courage du Danna ƞuno do a Doroke, le Jaahunu en rébellion. C’est la dénonciation du colonialisme à travers l’exil forcé du Ceex Hamallah. Les conquêtes de Ciixu Umaru n’ont de secret pour Ganda. Les témoignages sont relayés par de talentueux généalogistes qu’il est rare de pouvoir réunir sur un même plateau, les jaaru, maîtres du dondon ƞe (tambourin sooninke). Denba Jaare Tireera, Kisima Xonte pour ne pas évoquer Haaruuna Mangasi et l’inoxydable Baaba Kone qui fut le déplacement spécialement depuis Bamako. Justement, Baaba Kone figure parmi les premiers élèves de l’école de Ganda. L’école compte aujourd’hui plus de 80 élèves avec des instructeurs tels Jaaja Fadiga, Jango Fadiga ou Seetigi Siise, ces artistiques de carrure sont rompus à la virtuosité de ceefa dunu et des autres ganbaru, sont très connus dans le pays sooninke.

Ganda reçut de la part de la communauté, par l’entremise de Jaaje Sumaare président de l’APS, le Diplôme d’honneur (un tableau doré) et une guitare traditionnelle en reconnaissance des nobles missions, de la propagation du sooninkaaxu qu’il ne cesse d’apporter au-delà, à l’humanité. On peut tout offrir au gesere, Sire Baasa ne s’est il pas sacrifié pour le gesere qui ne voulait autre cadeau que le sacrifice de sa vie, ce qu’il fut ! Xunba Suuxo, la mère de Silamaxa, n’a-t-elle pas accepté de devenir propriété de sa coépouse en ayant fait don auparavant de son trousseau d’or à son mari, pour que sa future maîtresse de coépouse puisse bénéficier d’une dot. Ces joutes nous sont relatées par le génie de Ganda avec un don oratoire qui envoûte, emporte dans des contrées ô combien enfouies dans la nuit des temps ! Dans le tumulte de la quête d’identité, avec Ganda un dénominateur difficilement contestable n’est il pas trouvé ? Quand les sooninko veulent, ils peuvent, mais c’est le XA le problème !

Thierno Tandia.

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