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L’Histoire du Kompo Xoré De Bakel

L’assemblée annuelle des ressortissants de Bakel à Dakar a eu lieu ce dimanche 22 mai 2016 à la chambre communautaire de Bakel,communément appelée « kompo Xoré » sise à Grand Dakar.A l’issue de cette rencontre un point particulier a été soulevé celui de l’histoire du « Kompo Xore  » de Bakel et nous avons juger nécessaire de vous faire une bref histoire de l’origine du « Kompo Xoro » en milieux soninkara.

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La Chambre de Bakel a évolué en  fonction des générations, des contextes et des lieux (territoire national ou à l’étranger).  Elle est le domicile de tout habitant de Bakel d’origine ou d’adoption sans aucune distinction. C’est le local qui sert de lieu d’habitation, de réunion ou d’asile.

Sur la vallée du fleuve Sénégal, les Bakélois furent les premiers à mettre en place un Kompo xooree (grande chambre). Au début, les rassemblements n’étaient pas formels. Ils ne bénéficiaient pas d’une reconnaissance juridique. Ils étaient juste des stratégies de survie, des structures de solidarité dans des contextes de crise et de difficultés.

Dans les lieux d’habitation, les personnes qui travaillaient prenaient en charge ceux qui venaient d’arriver : subvenir aux besoins de son prochain. Au niveau de certains regroupements, l’on faisait des cotisations. Ce qui leur a permis d’avoir une caisse de solidarité.
Au Sénégal, le Kompo xooree (grande chambre) a existé  bien avant l’indépendance. La première fut créée à Saint Louis.  C’est vers les années 70 que les ressortissants de Bakel vivant à Dakar se sont regroupé avec les défunts Mamadou DIARRA dit MaDiarra (inspecteur du travailleur) et El Hadji Dioumbou NDIAYE pour ne citer que ceux là. Leur local se trouvait au centre ville de Dakar, à l’avenue Gambetta (1976). L’actuel lieu d’habitation (Grand-Dakar, Plle N° 139B) appartenait au défunt El Hadji Dioumbou NDIAYE. Il l’a vendu aux ressortissants de Bakel à un prix symbolique.  Pour la rénovation de ce local, les ressortissants de Bakel vivant en France ont aussi contribué financièrement et même ceux  de Dakar à l’époque.

Ce lieu sert d’ailleurs de siège social au Comité d’Appui pour la Rénovation de la Ville de Bakel (CAREBA). Ce dernier est une association formelle (Une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901), créée vers les années 84 et 86 qui génère la chambre de Bakel. L’Assemblée générale peut décider de son transfert en tout autre lieu du territoire national. Aujourd’hui, CAREBA est composée de sections ou antennes qui rendent compte de leur activité à la structure maire qui se trouve à Dakar.

De nos jours, la particularité du Kompo xooree de Bakel c’est qu’elle accueille depuis 2005 des étudiants en plus de ses potentiels pensionnaires. Comme elle génère des revenus (quelques chambres en location),  un terrain a été acheté et construit au nom des bakélois à Tamba pour ses futurs élèves et étudiants de Bakel. Depuis quatre ans, elle s’active dans l’achat de fournitures scolaires du lycée et des collèges de Bakel. Elle appuie financièrement l’association des étudiants et élèves ressortissant de Bakel. Les objectifs assignés à l’association sont entre autres :

-susciter et d’encourager toute action  tendant à la rénovation, à la réfection à la modernisation et à la promotion de la ville de Bakel ;

– contribuer à la réalisation de tout projet (économique, sportif, culturel, social, éducatif, touristique, etc..), entrant dans l’intérêt de la ville et de ses habitants.

-apporter à la ville et à ses environs immédiats un visage et une vie moderne ;

-prêter son concours bénévole et désintéressé aux autorités compétentes dans l’étude et la réalisation des programmes de développement intéressant la ville et ses  environs ;

-œuvrer pour la sauvegarde des intérêts de la ville et ses habitants ;

Ces informations nous ont été fournies par mon ami et ancien promotionnaire Mamadou TRAORE, Secrétaire général de CAREBA à Dakar (2007-2013), Chargé de  mission/réformes et de projets de développement  des sections CAREBA de Dakar et de Bakel (2010-2013).  Je l’en remercie très sincèrement. Il a été d’une générosité rare.  Son humilité et son honnête intellectuel sont reconnues dans ces propos :

« Je ne suis pas assez bien placé pour retracer l’historique de la chambre de Bakel. Certes, en un moment donné, j’ai accompli des tâches dans le cadre du fonctionnement du Kompo xooree. Ces informations ont été collectées lors de différentes rencontres en fonction des lieux et des années. C’est dommage, je pouvais utiliser des méthodes scientifiques (entretiens individuels ou collectifs et récit de vie, …). C’est un sujet qui me semble intéressant mais, il ne faisait pas parti de mon champ de recherche. Les propos tenus n’engagent que la responsabilité de l’auteur.  J’ai tenté dans ce qui suit de faire assez ramassé une synthèse. »

L’erreur étant humaine, je vous invite, si besoin en est, à m’envoyer des informations complémentaires ou à me signaler des incorrections dans le texte.

Saliou Dit Baba DIALLO,

Doctorant au Laboratoire Migrinter (Université de Poitiers, France)

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(2 commentaires)

  1. Bravo très intéressant et instructif j’invite à lire Manchuelle et Wague pour approfondir. D’autres Koopo Xooro ont existé dès le début de 1900 donc ce n’est pas la première. Bien à vous

    Aimé par 1 personne

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