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9Éclairage-Fouta : En désespoir de cause 

La région Nord du pays vit des moments assez particuliers. La saison des pluies 97 n’est pas des meilleures. Le spectre d’une longue saison sèche habite déjà tous les esprits des ressortissants de la région. Et pourtant l’année 97-98 risque d’être à plus d’un titre la randonnée d’hommes politiques de tout acabit. L’espoir d’une bonne saison pluvieuse s’est envolé, les foutankés, d’une manière générale, attendent désespérément l’unité de leurs fils disséminés entre les différentes formations du pays. Traditionnellement, le Fouta a toujours voté le vert. La longue histoire du Bloc démocratique sénégalais Bds a fait connaître au reste du pays des citoyens dévoués tels qu’Ali Bocar Kane, Boubou Sall, Aboubacry Kane, Oumar Wéllé-Bédou, Ibra Mamadou Wane et Souleymane Mamadou Racine Wane. Ces seigneurs de la politique propre dénués de coups bas, de mensonges et de tricheries donnent une image positive pouvant servir de leçon aux autres citoyens de ce pays. Le parcours du combattant, ils l’ont connu. Le Fouta de l’époque répondait d’une voie, celle d’un Fouta fidèle à des principes. Ce même Fouta a reçu, à plusieurs reprises, la visite de Léopold Sédar Senghor, chef incontesté de l’Ups. En fin politique, pétri des enseignements des anciens, Senghor aimait plaisanter sur les relations de cousinage entre sérères et haalpulars. A ce titre, dire que des vieux paysans pulaars des brides de mots dans leur langue maternelle pouvait alors les rapprocher du rusé Senghor. Il était fréquent de retrouver dans le cabinet du président des citoyens de notre pays originaire de Matam, Podor, Kanel ou autre localité du Fouta. La tradition se perpétue à l’avènement du parti socialiste en 1976. Après Senghor, Abdou Diouf reconduit les bonnes habitudes senghoriennes. Le choix des hommes est une confiance placée à l’endroit du Fouta. Il faut dire aussi que cette terre d’excellence de l’Islam ne pouvait offrir à la nation que des hommes intègres mais surtout fidèles. Lorsqu’aux élections du 26 février 1978 le Ps obtient 99.99%, le résultat fut sourire plus d’un. Mais qu’elle soit la vérité des urnes, le Fouta a toujours été une chasse gardée du Ps.

Au début des années 80, le décor évolue d’une certaine façon. A l’époque, dans la clandestinité, And Jëf investit le créneau porteur de l’alphabétisation. Nous sommes ces jeunes de la culture nouvelle, nouvelle génération. Les feux de camps et les foyers d’animations sont faits à la sauce maoïste ou trotskyste. Les chants laudateurs sont voués aux gémonies. Mais, dures sont les traditions. Culture de magouille et transfert de Voix. Autant de facteurs qui font qu’à l’époque, le Ps pouvait plier sans rompre. Il n’y avait pas d’autre alternative. Cela permet au pouvoir en place de renforcer son dispositif. Le Ps, au lendemain des élections de 83 est encore largement majoritaire au Fouta : c’est l’époque des Abdourahmane Touré, Hamidou Sakho, Mamoudou Touré, malgré sa réserve politique, Cheikh Hamidou Kane l’écrivain, Bocar Seck. Force est de constater que ces hommes aussi peuvent être considérés comme les dignes continuateurs de l’œuvre des aînés. Ils symbolisent une époque, certes, mais ils feront un vide autour d’eux. La relève n’était plus assurée. Le Ps tance de tous les côtés. Les votes sanctions apparaissent en 1988, contre toute attente. Le ciment Foutanké se disloque de l’intérieur, au grand désarroi des Foutankés. La suprématie du Ps bât de l’aile, c’est là qu’Aissata Tall Sall et Kane Diallo créent un mouvement pour intégrer le Ps.

La fin des monopoles.
Les héritiers de la première génération d’hommes politiques de Fouta se remarquent aujourd’hui par leur division. La politique « ôtes-toi, que je m’y mette » est de mise. L’excellence appartient au passé. Pour peu qu’on ait une petite aura on s’identifie à un messie. D’aucuns intouchables se caractérisent par de grands airs. Loin du peuple et de la sensibilité du Fouta, ils prospèrent ailleurs et ne font de la politique un simple instrument de promotion sociale.

La politique au Fouta devient, aujourd’hui, l’art de crier au plus fort. Querelles de clochers, le Fouta n’à point besoin d’un tel tintamarre. Quelle solution trouver pour les sinistrés de l’après-barrages, les déçus de l’immigré ou de l’exode rural. Le Fouta dispose-t-il, aujourd’hui, d’industries ? Quelle suite a été donnée aux phosphates de Matam ? Hommes politique du Fouta, l’heure est grave. Par votre faute, toute la jeunesse d’une région risque de voir s’envoler les derniers espoirs. Dame nature nous a doté d’un micro climat favorable, de vastes terres, prenez à cœur les sollicitations de ce Fouta du 3ème millénaire. En désespoir de cause, cette jeunesse risque de croire à d’autres porteurs de promesses. L’incohérence des discours de ces « demi-dieux » nous oblige à prendre le large. Dans la perspective de 1998, la fissure risque de s’élargir. Se regarder en chien de faïence ne résout guère ce lourd problème de chômage, de la déperdition, du SIDA, de l’expropriation des terres, etc.

Nous voulons une meilleure gouvernance. Demain, il sera tard. Lorsque le Fouta sera bleu, rose ou autre, les hommes politiques de la présente session auront une responsabilité énorme.

Par Mamadou Amadou Tamimou WANE

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