Actualité Culture Société

L’Art soninké : Les traditions artistiques Soninké 

L’empire du Ghana a connu ses momments les plus glorieux  avec le développement artistique qui fait de Oualata un centre culturel de l’empire soninké. A l’image de la capitale Koumbi Saleh, Ouatala était un haut lieu d’échange et de production artistique. Où l’homme s’adresse délibérément aux sens,aux émotions, aux intuitions et à l’intellect pour créer  une œuvre d’art .

Les ruines de Ouatala (Mauritanie) 

Un petit tour des oeuvres d’artistes que nos ancêtres nous ont légué. 

Des décors muraux

On trouve encore sur les maisons bourgeoises de Oualata (en Mauritanie), des décors muraux exécutés avec les doigts par les femmes Sarakolé. Oualata fut une ville créée par les savants et les lettrés fugitifs du Ghana, alors grand centre caravanier, carrefour de rencontre de savants, de lettrés et de commerçants. Aujourd’hui les trois quarts de la ville sont en ruine. Les Oualatin sarakolé sont polygames. Leurs femmes cloîtrées apprécient les bijoux, les nattes et ont un sens très poussé de la décoration des maisons et de leur embellissement. C’est ce milieu fermé qui a permis de garder des traditions artisanales très intéressantes, particulièrement celle des décors muraux réalisés par de, potières sarakolé.

Elles se servent de terre rouge (tin lahman), de terre jaune (tin lasfar), de terre blanche (tin ah) et de terre grise (temmenga) Elles lient ces argiles avec de la gomme. L’exécution des dessin, se fait directement avec les doigts. Les décorations sont refaites chaque automne après les pluies. Cet art mural est unique et ne ressemble à rien de connu au Sahara et en Afrique noire. De grandes arabesques, des croix, des chevrons. des spirales sont peints sur les murs intérieurs et extérieurs, le, murs des cours, des terrasses, l’intérieur des chambres, les portes. les piliers. D’après Gabus, tout converge vers un décor de caractère sexuel au thème primordial de la fécondité (phallus stylisé). La porte de la rue est la plus décorée (rouge brun sur fond blanc). Les motifs sont les mêmes mais chaque fois la composition est différente.

Des textiles prisés dans toute l’Afrique de l’ouest

Les hommes portent un boubou et, sur les épaules ou replié sur la tête, le (lissa (longue pièce d’étoffe bleu indigo munie de longues franges tressées). Ils mettent des tépou, sandales de cuir ordinaires et, pour les fêtes, des moukhou, babouches brodées.

 La femme porte d’abord le fendeli, petit pagne qui s’arrête aux genoux. Puis elle ajoute une blouse appelée camisoli (sans doute par déformation du mot camisole) et porte par dessus le grand boubou (doroké khori) en percale ou en bazin teint à l’indigo. Elle couvre sa tête avec un mouchoir (tikka) en satin noir ou en pai (voile blanc ou bleu). Elle ajoute parfois à cet ensemble le dissa, semblable à celui que portent les hommes. Elle se chausse avec des moukhouni (babouches) brodées.

Une bijouterie d’or raffinée

Les coiffures très compliquées des femmes sont faites par les femmes du forgeron. La femme sarakolé se pare de nombreux bijoux en or et cornaline. L’ourlet de ses oreilles est percé de nombreux trous, ornés de petits anneaux d’or, d’argent ou de cuivre, suivant les moyens dont elle dispose. 

Au lobe de chaque oreille pend un gros anneau d’or. Les femmes portent autour des hanches des rangées de perles (alternativement rouges et blanches), qui augmentent avec l’âge et les moyens du mari. Les femmes et les hommes des cercles de Nara et Nioro, au Mali, portent sur chacune de leurs tempes trois petites entailles verticales, tandis que les femmes y ajoutent trois cicatrices minuscules sur chacune des Joues, sur le front et même sur le menton. Les femmes sarakolé, comme les femmes toucouleur, se tatouent la lèvre inférieure en bleu foncé pour rehausser la beauté de leur visage.

Des castes d’artisans

Les activités artisanales sont réservées à la caste des Nyamakala subdivisée en Tago (forgeron) et Garanko (cordonnier). Les autres activités sont libres.

Tissage, teinturerie

On trouve des broderies tichbok, à Oualata, d’inspiration marocaine. La teinturerie est pratiquée par toutes les femmes. Chaque maison sarakolé est équipée pour teindre. La teinture est à base d’indigo avec lequel on obtient deux tons : le bleu ciel (bakha khoulé) et le bleu marine foncé (bakha biné). Les tissages sarakolé, tous très beaux, se trouvent à Podor, à Matam, à Bakel, à Touba, au Sénégal, à Nioro, au Mali, à Kaédi et à Néma en Mauritanie.

Vannerie, nattes

Natte de lit (khabta) en nervures de feuilles de palmier et lanières de cuir. Autre natte plus fine (sémé) d’influence maure. Corbeilles à habit.

Cuir

Le Garanko (cordonnier) est spécialiste aussi du tannage des peaux, Il fabrique des babouches brodées (moukhou), des bottes (tioron,ulié), des sandales (tépou), dessus de selle (khirkhé n’doroké), des brides (kharbin nkation), des étuis à amulettes (safayon), des oreillers en cuir, ronds ou rectangulaires (tallah). Leurs outils principaux sont : l’alène (bounné), la planche sur laquelle on tranche le cuir (walakha), le polissoir en bois (maxhâdé), le couteau (labo).

Métal

Le Tago (forgeron) travaille le fer, les métaux précieux et le bois. Il fabrique des haches (yidou), des houes (tougou), des couteaux (Iabou), des herminettes (séoutou), des bijoux, des portes en bois (bàfou), etc. Son outillage est limité à un marteau (foullâdou), à l’enclume (tâné), une pince longue (khampa), des tenailles (khampa nhourmo), la lime (khassadé), le soufflet de forge (tountou).

Les bijoux sont nombreux et ont chacun un nom :

– merseye : grand collier de perles rouges ou vertes dont l’extrémité est nouée plusieurs fois

– kangoubo : pendentif en forme de boule en or filigrané, suspendu à un cordon de cuir

– diôla : pendentif en or en forme de croix on d’étoile à quatre branches,

– godé : gros bracelet en argent torsadé porté au poignet;

– tankhalémou tangado : anneaux en argent massif portés aux pieds.

Bois

Ce sont les Tago (forgerons) qui travaillent aussi le bois. Les plats en bois sarakolé sont très beaux. Ils se nomment « les gens » (aroudgui). C’est une coupe soutenue par quatre pieds en forme de triangle qui symbolisent quatre jambes d’hommes. Le bord de la coupe est gravé de petits triangles losangés. Ils font aussi des porte-calebasses (acherad) à la hampe sculptée ou pyrogravée et dont les motifs, sont ensuite peints en jaune, vert ou rouge. Les calebasses (khollou) ont souvent un col de bois cousu et surmonté d’un couvercle. Elles servent non seulement de récipient mais aussi d’armoires pour les vêtements. Les instruments de musique des griots sont le dongué, grand tambour, et le dondongué, petit tambour qu’on porte sous le bras, la guitare (gamban). Les artisans sculptent des petits escabeaux de bois à trois ou quatre pieds (corondomo), des louches en bois (kharkhamou).

Poterie

La poterie est exécutée par les femmes des forgerons (taga yakharon). Les dessins sont faits à l’aide de leurs doigts. Elles fabriquent des canaris et des gargoulettes (gdour), des gargoulettes à deux becs (goumbou), des plats à couscous (bégué), des grands pots à eau (ballé). Dans la région de Oualata (Mauritanie), les dessins des poteries ressemblent à ceux des maisons.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s